Bernard Yslaire en 2008: avec Jean Bastide et vincent Mezil
Vincent Mezil
est né en 1983 à Paris. Il est titulaire d’un Baccalauréat Littéraire
et d’un Graduat en arts plastiques de l’institut St Luc de Bruxelles,
section Bande dessinée.
Jean Bastide est né en 1982 à Albi. Il est titulaire d’un BEP construction topographie, et d’un Baccalauréat Professionnel EOGT. Il a suivi pendant un an les cours de bande dessinée à l’Institut St Luc de Bruxelles. Il obtient l’Alph’Art scolaire à Angoulême en 2003.
Yslaire, qui les a rencontrés à leur examen de fin d’études de St-Luc les a suivi durant quelques mois. Il leur accorde sa confiance et leur propose de travailler ensemble sur ce qui deviendra le premier volume de « La guerre des Sambre ». Hugo et Iris, tome 1 est leur premier album.
« Après notre rencontre avec Yslaire au jury de fin d’études à St-Luc fin juin 2004, nous avons continué de travailler sur le projet que nous avions présenté à cette occasion. Fin novembre, nous l’avons contacté afin d’avoir son avis sur l’évolution de notre travail. C’est alors qu’il nous a proposé de participer à un projet qu’il montait, La Guerre des Yeux… Notre réaction a été un sentiment d’euphorie. Vincent (Mezil) était un fan de la série qu’il connaissait par cœur. Nous avons ressenti aussi une certaine fierté qu’Yslaire nous propose de collaborer avec lui, d’autant plus sur Sambre qui est son œuvre maîtresse. »
« Travailler sur Sambre pouvait, en
effet, avoir un côté paralysant car nous savions que la comparaison
serait faite avec le graphisme d’Yslaire. Or, nous souhaitions être à
la hauteur. Bien entendu, nous ne voulions pas faire du
« sous-Yslaire ». Nos ambitions se révélaient donc très élevées. Nous
avons d’ailleurs mis un certain temps pour trouver un style à la fois
personnel et proche de l’univers « Sambrien ». Yslaire nous a soutenu
dans cette démarche car lui-même ne souhaitait pas que nous fassions un
travail de clone. »
« Tout d’abord, Yslaire nous a donné un synopsis des 3 albums. Il a écrit ensuite les scènes au fur et à mesure réagissant en général à nos pages précédentes. Il nous envoie en parallèle du scénario un story-board esquissé qui précise la mise en scène (par séquence). Si besoin est, nous modélisons sur un logiciel 3D le décor. Cette technique nous a notamment servi pour les lieux qui sont déjà dans Sambre : la Bastide (intérieur et extérieur) ou l’hôtel des Innocents à Paris. Cela nous a permis de pouvoir tourner autour des décors pour ne pas être obligé de reprendre les vues qu’avait dessinées Yslaire dans ses précédents albums. De plus, nous attachons beaucoup d’importance à l’intégration du récit dans l’époque. Et cela se révèle être un travail énorme si on ne veut rien laisser au hasard. Il faut étudier ce qui se voit (vêtement, accessoire, véhicule, lieux…) mais aussi tout ce qui ne se voit pas mais se ressent (mœurs de l’époque).
« Il nous arrive aussi de poser entre nous pour trouver l’attitude la plus juste pour chaque personnage. Le fait de jouer la scène permet de se l’approprier et de la dessiner de manière plus naturelle. De plus, le lecteur ressentira cette crédibilité et rentrera d’autant mieux dans l’histoire. Il nous est d’ailleurs arrivé, pour les scènes de foule (repas de mariage et opéra), de jouer le rôle de chaque personnage. Vincent avait plus ou moins prévu ce que chaque personnage ferait, ainsi que son sexe, son âge et sa corpulence. Et il a photographié chaque pose que prenait Jean. Puis nous les avons remonté numériquement afin d’avoir une image comprenant une vingtaine, voire même une cinquantaine de personnages avec des poses différentes. Nous y avons ensuite intégré le décor (3D) qui avait été fait au préalable. Cela nous a permis de gagner du temps sur les croquis d’attitudes mais surtout de gagner en crédibilité. En effet, le fait de se mettre de manière concrète dans la peau d’un personnage permet de lui trouver une attitude plus adéquate et plus subtile. Nous nous inspirons des techniques de cinéma pour réaliser dans un temps raisonnable un produit de la plus grande qualité possible. »
« Nous essayons de nous servir des nouvelles technologies comme d’un outil qui va nous permettre de réaliser au mieux nos envies picturales. Le plus frustrant pour un dessinateur est, et restera toujours, le fait de ne pas réussir à dessiner l’image que nous avons dans la tête. L’ordinateur nous permet de nous en rapprocher un peu plus. »
« Durant toute la confection de cet album, nous avons tout mis en œuvre pour réaliser la meilleure bande dessinée possible.