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Commençant par collaborer avec Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon sur l’ouvrage « Vingt ans de cinéma américain », Yves Boisset saute le pas en réalisant « Coplan sauve sa peau » en 1968. L’une des constantes principales de sa carrière réside dans son engouement à dénoncer, via le cinéma, certaines des injustices les plus criantes de notre société. Pour Yves Boisset, le cinéma ne sert pas seulement à divertir, mais doit être perçu comme un moyen de pointer du doigt les maux d’une société.

Plusieurs films qu’il réalise témoignent de cette logique, dont la plupart sont inspirés de faits réels, renforçant ainsi la force de son propos : « Un condé » (1970) dresse un inquiétant portrait de la police, « L’Attentat » (1972) se centre sur l’étrange affaire « Ben Barka », « R.A.S. » (1973) aborde la guerre d’Algérie en prenant parti contre les dirigeants militaires, « Dupont Lajoie » (1975) traite du racisme ordinaire le plus répugnant, et « Le Juge Fayard dit le shériff » (1977) s’insurge contre la corruption des systèmes politique et judiciaire.
Après s’être attaqué à la pédophilie avec « La Femme flic » en 1980, il met en scène « Allons z’enfants » l’année suivante, d’après le roman éponyme de l’antimilitariste confirmé Yves Gibeau. Suit notamment « Le Prix du danger » (1983), film d’anticipation sur les dérives de la télé-réalité, par la suite plagié dans « Running Man» (1987), avec Arnold Schwarzenegger reprenant le rôle de Gérard Lanvin.

En 1991, Yves Boisset commence à se tourner vers la télévision. Même pour le petit écran, le cinéaste continue de traiter les sujets les plus forts – « L’affaire Seznec » (1993), « L’Affaire Dreyfus »(1995), « Le Pantalon » (1997), « Jean Moulin » (2002), « L’Affaire Salengro » (2009) – à l’image de ses prises de position restées intactes. En 2011, il publie son autobiographie intitulée « La Vie est un choix », revenant sur les multiples péripéties de sa carrière.